Newsletter Octobre 2021 - Article 2

La nouvelle épreuve orale pour accéder en 2ème année de santé, pourquoi certains étudiants

La nouvelle épreuve orale pour accéder en 2ème année de santé, pourquoi certains étudiants ont demandé un recours ?

Lundi 20 septembre 2021, une quinzaine d’étudiants parisiens ont entamé une grève de la faim pour protester contre la nouvelle méthode de sélection de la première année d’accès aux études de santé de la filière PASS (Parcours Accès Santé Spécifique, anciennement PACES, qui représente maintenant 60% des accès en 2ème année). Ils jugent la méthode de sélection injuste. Pour comprendre le démarche, il convient de comprendre la nouvelle méthode de sélection en place depuis l’année dernière, suite à la réforme des études de santé.

 

Tout d’abord, s’il n’y a officiellement plus de numerus clausus, il y a maintenant un numerus apertus, plus flexible. Plutôt qu’un nombre d’admis fixe, un nombre plancher et un nombre maximum sont définis dans chaque faculté, qui pourra varier sur décision conjointe de la faculté et de l’ARS. Il y a donc toujours une pression de sélection importante en fin de première année, notamment du fait des capacités d’accueil limitées dans les différentes facultés. A noter que dorénavant, il n’est plus possible de redoubler sa première année.


Ensuite, la grande nouveauté de cette réforme tient en l’instauration d’une épreuve orale pour certains étudiants. L’épreuve écrite traditionnelle existe toujours, et les étudiants les mieux classés à l’écrit sont directement admis en 2ème année, mais ils ne peuvent représenter qu’au maximum 50% du numerus apertus. Les étudiants non admis directement suite à l’épreuve écrite, et qui ont une note supérieure à un seuil fixé par l’université, doivent passer une épreuve orale. En obtenant une très bonne note à l’oral, certains étudiants classés à l’écrit au-delà du numerus apertus peuvent finalement être admis en 2ème année, et inversement. Pour illustrer cette sélection, à l’Université de Paris pour l’année 2020-2021, 1760 étudiants se sont présentés à l’épreuve écrite. Le numerus apertus ayant été fixé à 520, les 260 premiers étudiants à l’écrit ont été directement admis en 2ème année. Les étudiants classés de la 261ème à la 935ème place ont donc passé une épreuve orale, qui a sélectionné les 260 autres étudiants passant en 2ème année.


L’oral comprend deux épreuves de 20 minutes. Le déroulement des 2 épreuves est défini par chaque fac, et la plupart a opté pour des épreuves de deux types différents : l’une plus scientifique, d’analyse de graphique ou de sujet d’actualité, et l’autre plus générale, avec des questions ou mises en situation sur des thématiques pas forcément médicales, destinées à évaluer les capacités d’adaptation de d’argumentation des étudiants. C’est cette dernière épreuve qui est contestée par les étudiants bien classés à l’écrit, mais qui ont échoué à cause de l’oral. Les étudiants devaient en effet se prononcer sur des sujets très divers, tels que le financement de l’assurance maladie, les montres connectées, le racisme, les pesticides, etc. Ces étudiants estiment que certains sujets étaient trop généraux et pas assez médicaux, et qu’ils n’étaient pas préparés à ce type d’épreuve. Or, l’objectif de cette réforme est d’évaluer la capacité d’adaptation des futurs professionnels de santé, en les testant sur des sujets variés auxquels ils ne sont pas préparés. Ainsi, le recours de ces étudiants devant le tribunal administratif cet été n’a pas abouti, et jusqu’à aujourd’hui, leur grève de la faim ne leur a pas permis d’obtenir gain de cause.

Article rédigé par un professionnel de la pharmacie.